Jeudi 11 février 2010
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Les USA se ruinent à vouloir maintenir leur statut de super puissance par de coûteuses guerres et un budget militaire gigantesque financés à crédit. Pour Eric Margolis, le
complexe militaro-industriel, contre lequel le président Eisenhower avait mis en garde lors de son discours d’adieu, entraîne le pays vers sa chute et Obama, comme son prédécesseur, abuse ses
concitoyens en recourant à l’emprunt pour continuer à maintenir l’illusion d’un empire aujourd’hui vacillant.
par Eric Margolis, Toronto Sun, 5 février
2010
Le président américain Barack Obama a qualifié d’étape importante dans le rétablissement de la santé économique de
l’Amérique le budget de 3 800 milliards de dollars US qu’il vient de soumettre au Congrès.
En fait, il s’agit d’une nouvelle forte dose donnée à un malade souffrant d’une grande dépendance à une drogue
dangereuse : la dette.
Plus d’empires sont tombés à cause d’une politique budgétaire inconsidérée qu’en raison d’une invasion. Le dernier
exemple en a été donné par l’Union soviétique, qui s’est ruinée en achetant des chars.
Le déficit budgétaire de Washington (la différence entre les dépenses et les revenus provenant des impôts) atteindra
le montant vertigineux de 1 600 milliards de dollars US cette année. Cette somme énorme sera empruntée, principalement auprès de la Chine et du Japon, auxquels les États-Unis doivent déjà 1 500
milliards de dollars. A lui seul, le service de cette dette coûtera 250 milliards de dollars.
Dépenser 1000 milliards de dollars revient à avoir dépensé 1 million par jour, depuis le temps de la fondation de
Rome, et durant les 2738 années écoulées jusqu’à aujourd’hui.
Le budget total de la défense approche les 1000
milliards de dollars. Cela inclut les dépenses du Pentagone, soit 880 milliards de dollars, auxquelles il faut ajouter les « blacks programs » secrets (environ 70
milliards de dollars), l’aide militaire à des pays étrangers comme l’Egypte, Israël et le Pakistan, le coût des 225.000 « contractuels » (mercenaires et salariés) et les dépenses pour
les anciens combattants. Il faut encore ajouter 75 milliards de dollars (près de quatre fois le budget total de défense du Canada) pour les 16 agences de renseignement, qui comptent 200 000
employés.
Les guerres d’Afghanistan et d’Irak (1000 milliards de dollars à ce jour), coûteront 200-250 milliards de dollars
supplémentaires cette année, y compris les coûts cachés et indirects. La décision d’Obama de renforcer de 30 000 hommes le contingent Afghan coûtera une somme supplémentaire de 33 milliards -
supérieure au budget total de défense de l’Allemagne.
Le cours des actions des entreprises du secteur de la défense a évidemment augmenté après l’annonce du programme d’
« austérité » du sinistre Nobel de la paix Obama.
Les dépenses pour l’armée et le renseignement augmentent sans cesse alors que le taux de chômage s’approche des 10%
et que l’économie continue de souffrir. L’Amérique est devenue l’homme malade de l’hémisphère occidental, un estropié économique à l’image du défunt Empire ottoman.
Le Pentagone représente maintenant la moitié du total mondial des dépenses militaires. Si on y ajoute les budgets
des riches alliés de l’Amérique que sont les membres de l’OTAN et le Japon, ce chiffre atteint 75%.
La Chine et la Russie réunis ne consacrent qu’un petit 10% des sommes consacrées à la défense par les
USA.
Il ya 750 bases militaires américaines dans 50 pays et 255 000 soldats stationnés à
l’étranger, dont 116 000 en Europe et près de 100 000 au Japon et en Corée du Sud.
Les dépenses militaires engloutissent 19% des dépenses fédérales et au moins 44% des recettes fiscales. Sous
l’administration Bush, les guerres d’Irak et d’Afghanistan - financées par l’emprunt - ont coûté plus de 25.000 $ à chaque famille américaine.
Comme Bush, Obama finance les guerres américaines par le biais d’autorisations supplémentaires d’endettement - en
les empilant sur la carte de crédit de la nation qui a déjà atteint son maximum autorisé. Les générations futures payeront la facture.
Ce poker menteur joué par la présidence et les parlementaires est un comble de malhonnêteté publique.
Les guerres de l’Amérique doivent être financées par les impôts, pas par la fraude comptable.
Si les contribuables américains avaient dû payer les guerres en Afghanistan et en Irak, ces conflits s’arrêteraient
à brève échéance.
Ce dont l’Amérique a besoin c’est d’un impôt pour la guerre, honnête et transparent.
Les États-Unis ont clairement atteint le point de rupture de leur ambition impériale. Les dépenses militaires et le
service de la dette cannibalisent l’économie américaine, qui est la base réelle de leur puissance mondiale. Outre l’URSS sur le déclin, les Etats-Unis ressemblent également de plus en plus à
l’Empire britannique agonisant de 1945, écrasé par les dettes immenses souscrites pour mener la Seconde Guerre mondiale, devenu incapable de continuer à financer ou à défendre l’Imperium, tout en
restant imprégné de ses prétentions.
Il est de plus en plus évident que le président ne
contrôle pas la fuite en avant du mastodonte militaire américain. Il ya soixante ans, le grand président Dwight Eisenhower, avait averti les Américains de se méfier du
complexe militaro-industriel. Six décennies plus tard, les partisans de la guerre permanente et de la domination du monde se sont unis aux prêteurs de Wall Street pour réduire l’Amérique en
esclavage.
Un nombre croissant d’Américains redoutent les déficits incontrôlables et s’en indignent à juste titre. Mais la
plupart ne comprennent pas que leurs dirigeants politiques ruinent également leur nation dans des guerres étrangères inutiles, en une vaine et orgueilleuse tentative de contrôler une grande
partie de la planète - ce que les néo-conservateurs appellent la « Full spectrum dominance ».
Si Obama voulait réellement rétablir la santé économique de l’Amérique, il exigerait que les dépenses militaires
soient réduites, mettrait rapidement fin aux guerres en Irak et en Afghanistan et démantèlerait les « Frankenbanks » géantes du pays.
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